7,6 sur l’échelle de Richter
7,6 sur l’échelle de Richter
Nous nous souviendrons longtemps du 5 septembre 2012! J’étais en train de faire mon lavage tranquillement et tout à coups, la secousse a commencé, tranquillement d’abord, nous laissant le temps de sortir de la maison. Et là, la terre a tremblée comme je ne l’aurais jamais cru possible; j’avais déjà Charly dans les bras, Eric tenait Lilie; alors que Stellie et Billy étaient à l’école! C’est difficile à décrire.... Quand je demande à Eric de m’aider, il se contente de résumé en disant, avec une certaine classe: « Ça brassait en Tab...!». Les tuiles du toit tombaient et nous regardions autours pour être certains qu’aucun arbre ne nous tombe pas sur la tête. Dès que cela c’est calmé un peu, nous sommes montés rejoindre Martha, Axel et leur femme de ménage qui eux, regardaient notre voiture s’avancer vers le ravin pendant le tremblement. Heureusement, elle s’est arrêtée avant de tomber. Puis, il y a eu une autre petite secousse, forte mais courte. La première, la vrai grosse secousse a durée 1 minutes: c’est très long.
Vous vous imaginiez bien que je voulais courir à l’école rejoindre Stellie et Billy, mais en même temps, je ne voulais pas me retrouver sur la route pendant une secousse.... Mes jambes ont continuées de trembler pendant un bon moment. Après un petit moment sans mouvement, nous sommes retournés à la maison pour que je puisse me changer et me sauver vers l’école. C’est là que nous avons trouvé la maison sans dessus dessous... : les tuiles du toit partout par terre autour de la maison, le four renversé, toute la vaisselle cassée, l’ordi déjà rapiécé par terre (miraculeusement, il fonctionne toujours!), tout les meubles chavirés,... Par contre, la maison, même si plusieurs réparations serons à faire, a très bien supporté le coup.
Je suis grimpé sur le quad avec Lilie et Charly et nous avons filés vers l’école. Vous savez un de ces moments où tout apparait irréel. Au centre du village, tout près de l’école, les gens allaient et venaient, cellulaire à la main, la radio résonnait en trame de fond. Arrivés à l’école, tous les enfants se trouvaient réunis au centre du terrain de foot, certains parents étaient déjà là. Plusieurs, enfants comme parents, pleuraient... Il y a de ces moments où c’est vraiment génial de tenir ses enfants dans ses bras! Stellie a pleuré un peu, Billy était content de nous voir. Finalement, ce sont eux qui étaient au meilleur endroit! Nous sommes repartis, encore comme dans un rêve, un moment figé dans le temps.
De retour à la maison, c’était bizarre. Comme si nous étions en attente... Tu sais qu’il y aura des répliques, on dit qu’elles sont toujours plus petites que LA secousse, mais c’est plus fort que toi, tu redoutes un autre tremblement de terre. Et bizarrement, il n’y avait plus de chants d’oiseaux, nous n’avons vu aucun animal, pas même une iguane... c’était un autre monde, le temps était suspendu.
Les enfants étaient bien entendu sous le choc et parlaient, essayaient de comprendre. Charly n’a pas trop compris, il parlait d’un crabe géant sur le toit de la maison:) Stellie ne parlait pas beaucoup, mais elle disait qu’elle avait eu peur. Billy nous a servi au moins 10 versions de ce qui c’était passé; nous ne savons toujours pas qu’elle est la bonne: celle où il a tiré son amis en le tenant sous les bras pour le sortir de la classe ou celle où c’est lui qui a dit à tout le monde qu’il y avait un tremblement de terre...! Lilie, pour sa part, nous a servi tous pleins de citations «coup de poings», voici celles que j’ai retenues:
-Une fois le calme revenu, elle me dit: «Maman, c’est comme si mon corps a encore peur, mais pas ma tête!». Et c’était exactement ça que nous ressentions tous!
-Après le tremblement de terre, il s’est mis à pleuvoir... puis le soleil est revenu, elle me dit: « C’est comme si le Dieu a gagné sur le Diable et nous a amené le soleil.»
-«Maman, je me demande c’est comment être mort, si c’est l’fun ou si c’est plate...?»
-«Si on avait été sur l’ile cimetière, on serait morts avec les morts...».
-Stellie m’a seulement dit: «Moi, je ne veux pas que tu meurs parce que je n’aurai plus personne pour s’occuper de moi et il faudrait que je retourne au Canada, mais ils ne voudront pas que je prenne l’avion parce que mes parents ne seront pas là!»
Vous voyez un peu l’état d’esprit? Je crois que cela résume bien: un grand sentiment d’impuissance face à ta vie ou à ta mort. Heureusement, il y a eu 1 seul mort et tout c’est passé pour le mieux, mais sur le moment, tu ne connais pas la fin.
Petite note: Il y a des tremblements de terre de même magnitude qui ont causés plusieurs milliers de morts ailleurs dans le monde (celui de Haiti était de 7,2). On dit qu’il s’agit du tremblement de terre qu’attendait le Costa Rica depuis plus de soixante ans, ce qui fait en sorte qu’ils se sont préparé en établissant des règles de construction. Il semble que cela ait porté fruit! Quand même, le pire était envisagé: des sacs à cadavres et toute une procédure était en place à Cobano et dans d’autres villes de la péninsule.
mercredi 5 septembre 2012